Pourtant… que la montagne est belleuhhhhh…

septembre 28th, 2010 by Ben85

C'est pas ma purée, mais bon... j'ai pas réussi à insérer mes images...

Il y a quelques jours, alors que je ronchonnais sur mon sort par mail interposé, not’ mère Dodu me rabroua vertement en ces termes exacts: « Bon connard! Arrête de me faire chier avec tes états d’âme de midinette et raconte-nous plutôt tes quelques jours dans les Pyrénées! Au moins, pour une fois, tu sortiras peut-être un truc potable de ta logorrhée coutumière! »…

Piqué au vif, je m’exécute, mais comme je suis de mauvaise humeur, ça va peut-être légèrement transparaître dans mon récit… Je vous laisse juges!

Jour 1 : Cauterets – Sassis.

Nous partons, mon frangin et moi, de fort bonne humeur en direction de Luz-Saint-Sauveur. La journée s’annonce météorologiquement parlant merdique, et nous nous régalons d’une tartelette aux myrtilles pour nous donner du coeur au ventre. Le premier col est tout en douceur et, au bout de trois heures, nous basculons sur l’autre versant. J’eus aimé dire que le paysage était sympa, mais on n’y voit goutte: c’est Nacht und Nebel-sur-pâturages… On mange un bout de saucisson sec et une tranche de fromage qui suinte dans son plastique (comme je le détesterai, au cours des jours suivants, ce fromage de pays!)… Autant dire qu’on ne s’attarde pas!

On descend ensuite entre les pylônes des télésièges de Luz-Ardiden (déprimant!) et, vers 17 heures, on vise une aire de jeux à Sassis, dans la vallée, près de Luz. Nous dressons notre campement au coeur de ce havre de paix et entamons ce qui s’avérera être au fil des jours le point d’orgue culinaire de ce périple: le repas du soir! Au menu: soupe lyophilisée, purée grumeleuse, carré de chocolat au lait (un seul! Faut pas gâcher, hein!)… Dans ces conditions, peu étonnant que la soirée ne s’éternise pas. Extinction des feux à 21 heures. Rompez!

Jour 2 : Sassis – Barèges.

Lever sous un ciel gris, café en poudre et pain au lait écrasé au fond du sac à dos… Grumpf!

Emplettes à Luz dans le « Huit à Huit » local: jambon sous vide, fromage de brebis (encore!), sachets de purée (si si!) et soupe en poudre à la tomate. Vous aurez compris que les aliments ne sont pas choisis en fonction de leurs qualités gustatives… Disons plutôt que leur poids se doit d’être inversement proportionnel à leur valeur énergétique… Bref, le chemin de croix ne fait que commencer.

On enchaîne sur une montée éreintante à la sortie du bourg (700 mètres de dénivelé positif en une heure!)… Mon royaume pour une tranche de saucisson! Deux heures plus tard, j’ai changé d’avis…

L’après-midi est sympa, sans trop de grimpette ni d’intempéries, et me ferait presque oublier la perspective du repas vespéral. Pauvre oublieux que je suis!

A 18 heures, le camp est dressé, la pluie nous a rattrapés, et un petit feu improvisé n’est pas de trop pour nous réchauffer. Les nouilles sont collantes, le fromage se met au diapason… Passons! Nous nous calfeutrons sous la tente et rêvons de mets qui nous semblent à tout jamais interdits…

Jour 3 : Barèges – Lac d’Orédon.

Sous une pluie glaciale, le petit dèj’ est expédié. Nous partons à la conquête du col de Madamète, point culminant de notre aventure pyrénéenne (2509 mètres). Le paysage est sûrement très beau… J’en suis réduit à l’imaginer, brouillard oblige. Nous profitons d’un brin de soleil pour manger… devinez quoi… Gagné! Un bout de fromage! Arrivés au sommet, nous ne nous attardons pas: la bise est farouche.

Choc incommensurable dans la descente: nous apercevons l’esquisse d’un début de panorama entre deux nuages! Peu habitué à un tel spectacle, mon attention se délite et j’en profite pour tester la rudesse de la roche pyrénéenne… Nous slalomons entre les lacs d’altitude et nous arrêtons faire trempette au bord du lac d’Aumar. Moment de plénitude. Enfin.

La descente vers le lac d’Orédon est périlleuse et, pour une fois, nous croisons nombre de randonneurs venus en voiture à proximité du sentier. J’ai l’étrange impression d’être décalé…

Arrivés à destination, nous constatons avec amertume que le sorcier d’une obscure tribu africaine a dû nous refiler le mauvais oeil: les nuages sont de retour, le vent itou, et c’est presque avec soulagement que j’accueille la traditionnelle purée fraternellement préparée par mon compagnon d’infortune. Il doit faire 5 ou 6 degrés maxi quand nous décidons de rentrer sous la tente, à 20 heures, la goutte au nez et des stalactites au fond du caleçon…

Jour 4: Lac d’Orédon – Saint-Lary-Soulan.

Grosse journée en vue: nous nous levons à 6h30 pour accomplir les 25 kilomètres (1000 mètres de dénivelé positif et 2000 de descente) prévus. Après le sempiternel café-poudre, nous partons sous un ciel changeant. La journée se résumera en une succession de montagnes russes avec une descente finale à vous casser les genoux, le moment de bravoure étant le pique-nique du midi, enfourné à même le sol, dans une lande désolée, au milieu d’un brouillard à couper au couteau. Mais bon, il paraît que le beau temps est pour le lendemain… J’en profite pour remplir ma poche d’eau à une source qui me semble bien anodine et qui scellera néanmoins la fin de ma transe pyrénéenne…

Pour fêter le retour promis du soleil, nous décidons, une fois dans la vallée, de nous payer l’hôtel, la douche, le resto et tout le confort moderne dont nous avions oublié jusqu’à l’existence. Malheureusement, le mal, tapi dans les replis de mon métabolisme délabré par la succession des efforts, veille. Il attendra le soir, le vil malotru, pour me terrasser par le biais d’une tourista qui me permettra de repeindre plusieurs fois la cuvette des toilettes durant la nuit…

Le lendemain, c’est délirant et diminué par une fièvre tenace que je constate que le soleil est de retour… Ô rage! Ô désespoir! Ô intestins ennemis! Cet ultime signe du destin trace d’un paraphe ironique le point final d’un voyage marqué par les caprices célestes et l’ignominie gastronomique.

PS: j’aurais pu vous parler de mes ampoules, de mes insomnies, du manque d’hygiène… Les moments de rigolade, de complicité avec mon petit frangino, les confidences sur l’oreiller, aussi, je les garde pour moi.

PPS: on repart l’été prochain pour une destination encore inconnue. Si ça intéresse quelqu’un, hein…

Raymond dans le texte…

juin 4th, 2010 by Ben85

Le seul déconnologue du foot français...

Question: quelle est la personnalité actuelle la plus détestée de France?

Jean-Marie Messier? J’ai dit « personnalité », hein!

Nicolas Sarkozy? Même pas…

Hulk? Si la France se résumait à Rue89, ça pourrait être ça… mais non.

C’est Raymond Domenech, bien sûr!

A travers 5 de ses citations, je vais m’attacher à vous expliquer pourquoi il faut, au contraire de ce que soutient la horde vagissante des supporters du foot français, vénérer not’Raymond…

1- « Je n’ai pas la science infuse, je ne suis pas journaliste. »

Raymond est détesté des journalistes. Bon, on est tous d’accord, le journaliste de base est tout à la fois un être imbu de sa personne, persuadé de détenir la Vérité et d’être la réincarnation d’Albert Londres. Ceci étant dit, n’est-il pas rassurant, et même valorisant, d’être méprisé par une telle corporation? Je vous le demande?

2- « Il va très bien. Nettement mieux que s’il allait plus mal, mais nettement moins bien que s’il allait mieux… »

Dans un microcosme où le comble de la subtilité est de déclarer après un match: « Ces trois points étaient bons à prendre et nous avons fait preuve de grandes vertus morales », forcément, on a un choc quand un type au sourcil fourni, interrogé sur l’état d’un joueur légèrement blessé, nous sort une formule au laconisme sybillin digne d’un verset de la kabbale. Ca change des interviews de Ribéry…

3- « Mme Bachelot me demande de me « mobiliser ». Moi, je ne m’occupe pas de gérer un ministère, je ne m’occupe pas de la santé. Si c’est tout ce qui inquiète Mme Bachelot en France, qu’elle se rassure: je suis mobilisé! »

Il ne manie pas la langue de bois. Il allume les adversaires, ses joueurs, les journalistes, et même notre ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Eh pan! Dans les dents, Crocswoman! Rock’n roll, le Raymond!

4- « On prépare la Coupe du Monde, pas ma pendaison! »

Tout le monde est contre lui. A-t-on jamais vu dans l’Histoire de l’humanité pire campagne de dénigrement que celle qui se déroule actuellement sous nos yeux-z-horrifiés? Plus détesté qu’Hitler, plus raillé que BHL, Raymond tient bon, contre vents et marées. Il sait qu’on lui en veut, mais la curée, il n’en a cure!

5- « Il y aura 23 joueurs à choisir. Tous les paramètres vont entrer en ligne de compte. Moi, j’en ai rajouté un avec l’astrologie. »

Not’Raymond, c’est suivant le thème astral des joueurs qu’il les sélectionne ou non en Equipe de France. Donc, tant qu’il restera sélectionneur, la France perdra. Et ce dernier argument n’est pas le moindre, tant il est vrai que tout bon déconnologue déteste, hait, que dis-je, exècre le sport en général et le foot en particulier…Number et Hulk n’auront pas à affronter des hordes de supporters bleu-blanc-rouge exultant dans les rues de notre chère capitale de sitôt. Alors, qu’est-ce qu’on dit? Merci Raymond!

Bon, après tout ça, si vous ne supportez pas le seul homme de France qui porte une visière au-dessus de chaque oeil, j’y comprends plus rien!

ET ALLEZ LES BLEUS!

Grand ménage de printemps

mai 21st, 2010 by Ben85

Elle est belle, la nimage, hein?

Kof-kof-kof!

Putain, qu’est-ce qu’y a comme poussière ici!

Hein? Vous dites?

Des toiles d’araignée, aussi?

Ben voui, au bout de trois mois et demi sans personne pour venir aérer ou pour passer un coup de balai, normal, ça renarde un peu…

Bon, tout ça pour dire que je vais essayer de remettre en branle (heu heu…) ce blog bringuebalant.

Du rock, de la drogue, du sexe… et, bien sûr, du sport (eh oui, la Coupe du Monde approche, miam-miam!)…

A bientôt, ici ou… Ici!

Les sportifs sont-ils tous des masochistes?

février 1st, 2010 by Ben85

 

Cette image est un attrape-lamo...

Cette image est un attrape-lamo...

Vous êtes, pour beaucoup, de farouches adversaires de toute pratique sportive. L’un des plus virulents partisans de la « cuisse-flasque-attitude » est un dénommé Numérosix… Outre ses attaques incessantes à l’égard de nos plus valeureux champions qui sont pourtant les fleurons de notre belle identité nationale, ce vil personnage prend un malin plaisir à rabaisser toute pratique sportive au simple rang de dérive masochiste… Bon, ça m’a quand même fait réfléchir, parce que j’ai pas l’impression d’être un adepte du bondage et du fist fucking en baskets…

La question est donc:

En quoi le sport serait-il une pratique masochiste?

Le masochisme, c’est le « comportement d’une personne qui se complaît dans des situations de souffrance ou d’humiliation ». Quel type de pratique sportive peut donc engendrer de telles situations? Faisons le tour…

Quand on dit « compétition », on pense d’emblée à la douleur physique que peuvent provoquer la volonté de battre autrui ou de se dépasser. Les entraînements, les compétitions sont source d’efforts physiques souvent très violents et donc de blessures. Il est d’ailleurs illusoire de penser que le sport de haut niveau est un bienfait pour la santé. Au contraire. Combien de Ronaldo, colosse aux genoux d’argile, combien de Merckx,  champion d’hier aujourd’hui bouffi de gloire, combien de Christine Arron, gazelle des infirmeries? Et tout cela pour quoi? Quelques instants de gloire éphémère…

Quand on dit « compétition », on pense justement à la volonté de puissance qui anime tout athlète « digne » de ce nom. La compétition flatte les plus bas instincts de l’être humain: la vanité, la volonté d’écraser l’autre, la jalousie, et j’en passe. Poussés par des foules clamant leur nom, galvanisés par de sombres crétins gonflant leur ego déjà bourrelé d’autosatisfaction, ces gladiateurs modernes espèrent devenir des dieux du stade, sachant pertinemment qu’il y a beaucoup d’appelés et bien peu d’élus. Pourquoi s’entêtent-ils, alors? Sûrement parce qu’ils espèrent tous, d’une certaine façon, décrocher la timbale (même sur un malentendu) mais peut-être aussi parce qu’ils savent inconsciemment que les stars ont toujours eu besoin de seconds couteaux pour briller. Ces derniers cherchent à capter un peu de la lumière de quelques astres étincelants, essaient de s’accrocher à la queue d’une comète, mais ne ramassent le plus souvent que des poussières d’étoile… Goût pour l’humiliation vous dites? Peut-être…

Là où, pour moi, le sport arrête d’être une pratique vantant l’autoflagellation, c’est quand il cesse d’être compétitif, c’est-à-dire… quand il cesse d’être du sport, d’une certaine façon! Le but est alors de s’affranchir de l’asservissement de la souffrance physique (même si c’est un objectif impossible à atteindre complètement) et de l’esprit de compétition, générateur de fatuité en cas de victoire et d’humiliation en cas d’échec.

Si elle se veut purement hygiéniste (c’est un peu réducteur, mais bon, chacun fait comme il veut…), la pratique non compétitive du sport doit être régulière et pondérée. Ainsi, elle peut être source d’épanouissement physique et non plus de traumatisme.  Elle n’est plus une course au triomphe et à la gloire, mais une action dénuée de toute démonstration narcissique, voire une quête intérieure. La course à pied en est un parfait exemple. On peut très bien pratiquer ce sport seul, sans lutter contre les autres, sans chronomètre (on ne se mesure donc même pas à soi-même) et, avec un peu d’habitude, sans ressentir aucune fatigue si le rythme que l’on adopte est linéaire et raisonnable.

Le sport libéré du carcan de la compétition peut aussi être source de plaisir, une sorte de retour au jeu et à l’enfance. « Tu paries combien que je touche la barre transversale en tirant des vingt mètres? », « Je te fais une passe-chistera et tu vas aplatir l’essai! », « on se fait le plus de passes possibles sans que la balle touche par terre! »… ça vous rappelle rien? Moi si.

Le sport masochiste, pour moi, c’est la pratique compétitive. A côté de cela, il y a deux autres voies: l’une ascétique et intérieure, l’autre plus  »underground », totalement libre, anarchique et enfantine, et donc excessivement jouissive.

Au bout du compte, après avoir écumé les compétitions de tout poil en rugby, en athlétisme, en handball et en tennis de table… et bien j’en suis revenu. Maintenant, le sport, c’est où je veux et quand je veux!

Oui, môôôôssieur Numebère! Farpaitement!

 

Règlements de (multi)comptes (par Béatrice1)

janvier 20th, 2010 by Ben85

 

Dame Béatrice vous présente ses respects...

Dame Béatrice vous présente ses respects...

 

MEUHHHHH NON!

C’est une blague!

J’vous aurais jamais fait ça (quoique… ça donne des idées pour un prochain fritage!).

Le voyeur (par Philipp)

janvier 18th, 2010 by Ben85

 

Spectateur régulier de votre troupe de théâtre improvisé,  avec la complicité de Ben, me voici, un peu par effraction et pour un court instant, à votre grande table. Merci de ne pas voir, dans cette initiative, une tentative d’entrisme jospinienne, ou une séance de brosse à reluire. Juste un coup d’oeil de voyeur qui prend son pied à vous mater.  A mon âge !
 
Le programme est varié, toujours inopiné. Impro oblige! Exception faite de certaines séquences marronniers anti-personnelles d’un goût douteux, à mes yeux. Chacun(e) dans cette troupe  joue son (ses) rôle(s), y dévoile ses talents et un peu de sa personnalité. C’est ce « un peu » que j’ai essayé de saisir et d’exprimer en « peu » de mots, avec le risque d’être mal compris, y compris dans mon intention. Décrire  l’essentiel et seulement l’essentiel de la perception la plus spontanée que j’ai de certains membres de la troupe, essayer de contrôler la subjectivité et surtout  faire abstraction, quand c’est possible,  d’un vécu et d’échanges parfois hostiles. Résultat forcément un peu caricatural. Ce n’est pas, bien sûr, un classement. Quelques absences remarquables par manque de « lisibilité » ou par excès de mauvaises vibrations…
 
 
Premières impressions…

Numéro 6: ou l’art de tourner le pessimisme en dérision jubilatoire. C’est sa façon de s’évader du « village global ». Une voix de contre au registre étendu. Le répertoire l’est tout autant.  

Cyp:  en rupture. Avec le monde entier ou avec son temps. C’est la mondialisation à la Cyp. JE majuscule, pulsionnel, tripal, égotique bien sûr, alpha dominant. Le style c’est l’homme. Si la vie est  une revanche, Cyp a peut-être déjà gagné. Lui seul le sait.
 
Dul et Ben: pourraient être demi-frangins. De la mesure avant toute chose, ce qui donne un relief particulier à leur goût pour la déconnologie et à leurs convictions vraies. Un certain regard chez Dul, une écoute de qualité chez Ben. Métissage entre 50% d’humanisme, 50% de déconnologie. Le reste? 100% de sérénité au moins apparente!

Kebra:   fond  en béton, humour  léger, des valeurs et de l’autodérision. Cocktail séduisant. Semble, autant par goût que par construction, préférer le style roman au gothique flamboyant. Mais je peux me tromper! Aime bien contrer  Hulk par de bonnes gauches dans le bas du front. Je le tiens « de source sûre »: moi!

 Hulk: une imposture car il est le contraire d’un con. Un art consommé de la posture pour se camper au centre du débat. Redoutable de cohérence dans son système idéologique et de valeurs (cotées au Nasdaq). N’aime pas les gauches de Kebra, encore moins les gauchistes en général.
 
 lamorille: plus décalé que lui, tu voles! Un monde à part, ailleurs, nulle part ailleurs. Insolite. La morille, ce n’est pas le champignon de Paris… C’est plus rare!
 
Pseudo, Dodu, Raslacouette, Malatrie: La voix de tous ces mâles porte haut et loin. J’ai remarqué après vous, Mesdames, à quel point ils essaient de vous cantonner en bout de cette grande table, du côté des fourneaux, ces machos! J’ai donc réuni moins d’ingrédients sur chacune d’entre vous que pour ce fort en gueule d’Hulk (pris au hasard), omniprésent, omniscient, omniprésident, omnivore accessoirement. Alors, je vous lie en un bouquet garni agrémenté d’épices cosmopolites doduesques. Saveurs et couleurs. « Une pour toutes, toutes pour une « . Votre solidarité permet le trait commun… mais pas banal !
 
Je l’avoue, le voyeur que je suis aime bien vous voir taper du poing sur la table, vous coltiner hardiment Dul et son quintal de mauvaise foi ironique, ruer dans les brancards du dossard 6, essayer d’attendrir le cuir endurci de l’ours ermite de Puy-l’Evèque, stigmatiser le neurone misogyne de Ben, faire respecter votre genre et votre rang… Ils veulent vous faire de l’ombre? Ils ne sont pas sortis de l’auberge !  Vous prenez la lumière bien mieux qu’eux et vous la renvoyez joliment dans des tonalités diverses, souvent aigres-douces, qui vous vont bien.

Handicapée par votre poids (en un mot trop légères), vous pratiquez la répartie comme un art martial, en utilisant le mouvement de « l’adversaire » pour le désarçonner tout en gardant sourire et féminité! Ajoutez à cela quelques  félicitations billetesques subtilement distillées pour anesthésier les réflexes archaïques envers les femmes de ces convives masculins! J’ai cru même percevoir quelques tentatives subreptices de maternage !
 
Du grand art au féminin.

Chapeau Mesdames!

Tibet, ‘tain!

janvier 7th, 2010 by Ben85
Les deux auteurs et leur célèbre héros.

Les deux auteurs et leur célèbre héros.

En BD comme en littérature, il est des sommets et des abîmes. Des Gustave Flaubert et des Paul-Loup Sulitzer, des Larcenet et des… en fait, chais pas, je connais que les bons auteurs de BD (eh oui!)… Et il y a aussi une légion d’auteurs et de dessinateurs corrects, pas géniaux mais besogneux, qui, de temps à autre, croisent subrepticement le talent.

Tibet était de ceux-là. En tant que créateur de Chick Bill et surtout de Ric Hochet, il avait eu le mérite de créer deux héros populaires. Il est décédé dimanche dernier, et j’avoue que sa mort m’a plus marqué que celle toute fraîche de Philippe Séguin… Petit hommage posthume et sans concession par le biais de sa série emblématique, qui met en scène le reporter-enquêteur Ric Hochet.

« Ric Hochet », c’est avant tout une des plus grosses séries de la BD contemporaine: 76 épisodes! Tibet et Duchâteau, le dessinateur et le scénariste, tournaient à une moyenne de deux albums par an. En parlant de l’aspect prolifique du duo, on touche aussi sa limite: la qualité des derniers tomes de la série. Scénarios chancelants, à la limite du ridicule (voir « L’homme de glace »), dialogues ineptes bourrés de jeux de mots foireux (« Meurtre à l’impro »), dessins caricaturaux au point qu’on confond deux personnages tant ils se ressemblent (et c’était pas fait pour, croyez moi! (« Penthouse Story »))…

Malgré ces quelques accidents de parcours, « Ric Hochet », en général, ça marche! Grâce à l’aspect sympa du héros, mi-tête brûlée, mi-tête à claques, grâce à quelques trouvailles vraiment géniales (la scène initiale de « Qui a peur d’Hitchcock », avec la vidéo d’un vol qui inculpe l’homme qui la reçoit par la poste), grâce à des histoires qui collent à l’actu et qui, avec le recul, sont assez éclairantes quant à l’ »atmosphère » d’une époque (« La liste mortelle » qui relate les attentats perpétrés par des groupuscules d’extrême-gauche au début des années 80).

« Ric Hochet », c’est la solution idéale aux jours où on veut pas se prendre la tête, c’est un petit plaisir coupable, un peu inavouable, qu’on se paye entre deux super BD de Christian Lax et de Joe Matt (je vous en parlerai une autre fois, de ceux-là!)…

Me dire que je devrai maintenant « tourner » sur les mêmes albums, que je n’aurai plus le plaisir de me dire « Tiens, ils en ont encore sorti un! », ni le délice un peu pervers d’acheter un tome « qui-me-semble-pas-génial-mais-bon-puisque-c’est-Ric-Hochet-je-prends-quand-même », ben ça m’emmerde un peu…

Tibet, ‘tain! Tu fais chier…

Défense et illustration de Gustave Flaubert

janvier 1st, 2010 by Ben85
Attention: génie!

Attention: génie!

Depuis quelques temps déjà, des êtres malveillants qui hantent ce blog se plaisent à traîner Gustave dans la boue. « Il est chiant », « ça a mal vieilli », « ça vaut pas Maupassant », la palme de l’outrecuidance revenant au dénommé Hulk (kicéça?) qui trouve son style « trop recherché, trop parfait et dépourvu de spontanéité »…

Plutôt que de me lancer dans un exposé circonstancié mais rébarbatif qui prouverait l’excellence de cet écrivain, j’ai préféré lui laisser la parole. Voici un extrait de Madame Bovary (partie II, chapitre 12), suivi de l’étude fouillée de votre serviteur. Je vous ai mis tout l’extrait, qui met en scène Emma et son amant Rodolphe, mais le passage qui m’intéresse est la description en italique.

« Et cependant il la regardait singulièrement, d’une façon tendre.
      — Est-ce de t’en aller ? reprit-elle, de quitter tes affections, ta vie ? Ah ! je comprends… Mais, moi, je n’ai rien au monde ! tu es tout pour moi. Aussi je serai tout pour toi, je te serai une famille, une patrie ; je te soignerai, je t’aimerai.
      — Que tu es charmante ! dit-il en la saisissant dans ses bras.
      — Vrai ? fit-elle avec un rire de volupté. M’aimes-tu ? Jure-le donc !
      — Si je t’aime ! si je t’aime ! mais je t’adore, mon amour !
      La lune, toute ronde et couleur de pourpre, se levait à ras de terre, au fond de la prairie. Elle montait vite entre les branches des peupliers, qui la cachaient de place en place, comme un rideau noir, troué. Puis elle parut, éclatante de blancheur, dans le ciel vide qu’elle éclairait ; et alors, se ralentissant, elle laissa tomber sur la rivière une grande tache, qui faisait une infinité d’étoiles ; et cette lueur d’argent semblait s’y tordre jusqu’au fond, à la manière d’un serpent sans tête couvert d’écailles lumineuses. Cela ressemblait aussi à quelque monstrueux candélabre, d’où ruisselaient, tout du long, des gouttes de diamant en fusion. La nuit douce s’étalait autour d’eux ; des nappes d’ombre emplissaient les feuillages. Emma, les yeux à demi clos, aspirait avec de grands soupirs le vent frais qui soufflait. Ils ne se parlaient pas, trop perdus qu’ils étaient dans l’envahissement de leur rêverie. La tendresse des anciens jours leur revenait au cœur, abondante et silencieuse comme la rivière qui coulait, avec autant de mollesse qu’en apportait le parfum des seringas, et projetait dans leur souvenir des ombres plus démesurées et plus mélancoliques que celles des saules immobiles qui s’allongeaient sur l’herbe. Souvent quelque bête nocturne, hérisson ou belette, se mettant en chasse, dérangeait les feuilles, ou bien on entendait par moments une pêche mûre qui tombait toute seule de l’espalier.
      — Ah ! la belle nuit ! dit Rodolphe.
      — Nous en aurons d’autres ! reprit Emma. »

Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui vous font une description comme celle-là juste pour vous dire que les deux personnages ont baisé?

Bon, ben après cette brillante démonstration, j’espère bien ne plus avoir à revenir sur le sujet: Flaubert est un IMMENSE ECRIVAIN.

Non mais!

Rencontre du (troisième) type

décembre 24th, 2009 by Ben85

 

Les arcades de la Rochelle (pour faire plaisir à Freak)...

Les arcades de la Rochelle (pour faire plaisir à Freak)...

Hier, je suis allé à La Rochelle. Le ciel était gris et les mouettes volaient bas. Les gens sous les arcades se pressaient pour leurs derniers achats de Noël, baignant la ville de cette atmosphère d’effervescence qui nous ramène tous à l’enfance et, à la fois, nous confronte à la vacuité de la Société du Spectacle dans laquelle nous sommes plongés (big up, numebère!). J’étais moi-même sujet à une confusion émotionnelle assez prégnante. En effet, j’allais rencontrer pour la première fois, en chair et en os, un membre de la CEDDEG (Confrérie Enthousiaste Des Déconnologues En Goguette… oui, je sais, le sigle a des consonnances peu flatteuses, mais bon, c’est tombé comme ça…).

Poussé par une curiosité exacerbée autant que par l’envie de rencontrer un type qui m’avait toujours paru sympatoche, je suis donc arrivé sur le port (un peu en retard). Nos signes distinctifs étant au point (une rose blanche dans ma main, un fils à la sienne…), nous nous sommes aisément remarqués. Il avait le cheveu en bataille, l’oeil pétillant et le sourire avenant et résigné du type qui s’attend au pire… Lamorille ressemblait bien à l’idée que je m’étais faite de lui.

Nous sommes entrés dans un rade, avons commandé une bière de Noël et refait le monde… Enfin, notre monde, ce qui n’est déjà pas si mal. Il faisait bon, l’alcool était potable, la conversation animée et le Nino jouait avec ses petites voitures (jamais vu un gosse aussi sage, suis jaloux!), regardant son papa, de temps à autre, avec de grands yeux émerveillés. Bref, on était bien… Après, on est allé acheter des BD et on s’est séparé en nous promettant de remettre ça. Une heure et demie venait de passer en un clin d’oeil. Une belle heure et demie…

Sur le chemin du retour, dans ma petite voiture qui me ramenait au bercail, je cogitais à tout ça… C’est quand même bizarre, Internet, la déconnologie, et le fait que le fruit de tout ça puisse se matérialiser, là, un jour, et débarquer dans notre vie…

J’ai hésité un moment avant de me lancer dans l’écriture de ce billet. Après tout, cette heure, elle nous appartient, à lamo et à moi… Et puis je me suis dit que, s’il était d’accord, y’avait pas de raison.

Ce billet a-t-il un but précis? Non, je ne pense pas. Ni but, ni utilité.

Ou plutôt si. Juste l’utilité de se dire que, parfois, dans la vie, il faut lâcher la rampe. Se dire qu’on va faire un truc qu’on ne fait pas d’habitude, comme rencontrer un gars qu’on ne connaît pas, avec son fils, à La Rochelle. Se dire que, même si on se pose des questions, on tente le coup. Et se dire, après coup, qu’on a sacrément bien fait de suivre son instinct.

Pour la prochaine fois, lamo, c’est où tu veux, quand tu veux.

PS: une dernière chose, lamorille… Comme on en parlait hier, une précision: quand on s’est rencontré, je n’avais pas encore l’idée que j’allais en faire un billet, si ça peut te rassurer. C’était du 100% pas-trafiqué, notre rencontre, du pur Ben85 versus lamorille champignonesque!

J’espère que tu as autant apprécié que moi.

Joyeux anniversaire!

décembre 13th, 2009 by Ben85

Aujourd’hui, j’ai 31 ans.

Les témoignages d’amour ou d’amitié furent suffisamment nombreux pour me permettre de repérer quelques exemples de phrases-type pour souhaiter un anniversaire…

1- La formule traditionnelle: « Je te souhaite un bon anniversaire et espère que tout va bien pour toi ». Classique et sans surprise, ce genre  de formule offre comme principaux avantages à celui qui en use un gain de temps accru dû à l’économie d’originalité et la certitude de ne pas faire d’impair. Tournure souvent écrite et utilisée par une vieille parente ou un cousin éloigné que l’on n’a pas vus depuis des lustres…

2- La formule conjoint: « Bon anniversaire, mon amour. Pour marquer le coup, je vais te faire une petite gâterie! ». Formule toujours appréciée au réveil… utilisée par un mari, une femme, un amant ou une maîtresse… 

3- La formule enfant(s): « Bon niversaire, papa!… Bon, on mange le gâteau maintenant? ». Touchante, cette formule-là.

4- La formule dite du « je me veux original mais j’ai pas grand chose à dire »: « 31 ans… Alors, ça fait quoi? ». Formule exaspérante à laquelle j’ai invariablement envie de répondre: « La même chose qu’hier, gros con! » (je dis « gros con » parce que j’ai remarqué que c’était surtout des anciens copains beaufs, qu’on ne voit que deux-trois fois par an et dont on a du mal à se défaire, qui abusent de ce « trait d’esprit »…).

5- La formule virtuelle: « On ne se connaît pas vraiment, mais je prends le temps de te souhaiter un bon anniversaire. ». Formule également appelée « cyber-anniversaire » dont m’ont gratifié aujourd’hui Marina, Freak et Dodie… J’ai été d’autant plus touché que je ne m’y attendais pas et que je n’aurais sûrement pas eu l’idée d’aller voir sur leur page Facebook pour vérifier leur date de naissance… J’essaierai à l’avenir de faire preuve de la même délicatesse à leur égard.

Tout ça pour dire que l’âge c’est dans la tête (putain, je commence à utiliser des « pirouettes » de vieux pour me rassurer! C’est vraiment le début de la fin…)!

Et vive l’amour!